samedi 19 mai 2012

Le porte-voix numérique

Le porte-voix numérique 

L'ère du numérique nous munit tous d'un porte-voix. Aujourd'hui, chaque individu propriétaire d'un compte Facebook ou Twitter, s'affichant sur un blogue ou autre média social, possède la liberté de partager son opinion, en un clic de souris, sur les divers sujets qui le touche et d'ainsi alimenter les débats actuels.

Cette nouvelle réalité a fait surface dans la province avec le fameux cas «Oasis», le printemps dernier. La compagnie québécoise de jus de fruit Oasis, Industrie Lassonde, poursuivait en justice depuis sept longues années l'entrepreneure Deborah Kudzman, prétextant que l'utilisation du mot «oasis» dans le nom de ses savons à base d'huile d'olive, Olivia's Oasis, usurpait leur marque de commerce. Malgré qu'elle ait remporté sa cause devant les tribunaux, l'entrepreneure n'a toutefois pas pu se faire rembourser ses frais d'avocats. Suite à la mise en ligne d'un article sur le sujet par le journal La Presse, Pas touche au mot «oasis» par la chroniqueuse Christiane Desjardins, les critiques négatives ont fusé sur les réseaux sociaux à l'endroit du géant commercial. Certains lançaient même l'appel au boycottage. En quelques heures, le hashtag (mot-clic) #oasis devenait le plus utilisé de la métropole. Le soir même, constatant l'ampleur des dégâts et l'atteinte sévère à sa réputation, Industrie Lassonde promettait enfin de «dédommager adéquatement madame Kudzman».

Les grandes compagnies comme Industrie Lassonde ne peuvent plus se cacher derrière leur conseil d'administration et leurs avocats. Elles doivent dorénavant user de plus de transparence.

C'est la petite magie du web 2.0. On ne reste plus spectateurs des situations qui nous dérangent. On proteste haut et fort, et quelques fois, lorsqu'on est accompagné de milliers, voire centaines de milliers d'internautes, notre message fait son bout de chemin... C'est le pouvoir du porte-voix numérique.


3 commentaires:

  1. Et c'est bien fait pour eux!

    Peut-être qu'à force d'être dénoncés, les magouilleurs, les escrocs en cravate ou couverts de poussière, et les accros au pouvoir tout acabit devront se tenir les fesses serrées et les oreilles molles. C'est que le petit peuple autrefois sans voix et sans pouvoir se découvre les deux là où il ne les aurait jamais imaginés. J'aime cette époque tourmentée où le côté obscur des choses côtoie le brillantissime.

    Cependant, cela ne veut pas dire que bien des impairs ne seront pas commis par pure manque de maturité, une maturité qui doit être acquise pour continuer à se développer. En ce moment, je vois nos entreprises québécoises, qui n'ont pas une grande histoire, il ne faut pas l'oublier, comme en période d'adolescence. Notre évolution se fait à coup de crises.

    Lassonde ne sera pas la seule à faire cette gaffe, mais gageons qu'elle ne sera pas la seule à en avoir tiré des leçons.

    Line Briand

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  2. J'aime bien la métaphore que vous avez proposé avec le «porte-voix numérique»!!! Ça me fait pensé aux crieurs d'autres-fois. Je n'avais jamais envisagé cette optique pour l'ère du numérique. Ces plate-formes nous permettent de communiquer avec tout le Monde et d'être vu et entendu par tous et chacun.

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  3. Moi aussi j’aime bien ta façon de comparer les médias sociaux en porte-voix numérique. Le fait d’utiliser une plate-forme comme Facebook pour arriver à ses fins vient prouver qu’on est dans l’ère des communications web. L’entreprise Lassonde l’a bien compris, un peu tard toutefois, à son détriment. Il faut, en tant qu’entreprise, être vigilant et tirer profit d’une expérience malheureuse touchant à notre image. Je ne suis pas inquiète qu’à long terme, les jus Oasis mettront cette expérience derrière eux et que les gens recommenceront à acheter le produit.

    Si les artistes sont capables de faire oublier à leur public des faux pas (ex. : Éric Lapointe et ses dérapages à cause de sa dépendance à l’alcool et aux drogues), pourquoi pas les entreprises? Tant que l’intégrité, la franchise et les regrets sont là, rien n’est impossible.

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